Bull Gamma 30, licence RCA 301 System (1962)
 

Le Gamma 30 était un ensemble électronique à cartes et bandes magnétiques.
Ses disques ne furent pas commercialisés en Europe.
On aperçoit à gauche des dérouleurs 33 Kc et à droite les 10 Kc.
La mémoire vive comportait 10.000 à 20.000 caractères de 6 bits. (Mémoire à tore de ferrite). Le modèle à 40.000 caractères était trop coûteux.
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Le Gamma 30 fut le résultat d'un accord de licence entre la Compagnie des Machine Bull et RCA. L'usine Bull d'Angers réalisa le montage de l'ensemble électronique dès fin 1962.
L'histoire de cette fabrication a été décrite par un responsable de l'époque, Maurice Gaymard, dans les numéros 78 et 79 de FEB Actualité.

Des originalités dans la périphérie :

Les unités de bandes 10 Kc avaient la lecture avant et arrière. Rubans de 365 m et de largeur 12,7 mm
Les unités de bande 33 Kc utilisaient des rubans larges et enregistraient deux fois chaque caractère, pour contrôle. Système gênant : nombreuses erreurs de lecture détectées mais non corrigées, et usure des bords des têtes de lecture des rubans.
Rubans de 730 m et de 19 mm de large.
Il y avait une unité de disque interchangeables inspirée directement des "juke-box" de l'époque.
Elle pouvait comporter 128 disques interchangeables de format "45 tours" de 36.000 caractères chacun. Total de la capacité d'une unité ; 4.600.000 caractères. Pas mal pour l'époque, mais le temps d'accès moyen  à un secteur disque était de 4.25 sec, plus le temps de lecture/écriture. Lire une piste complète prenait 4 sec, et il n'y en avait que deux par disque.
Curieux engin, qui ne fut pas vendu en Europe.
En provenance de Bull : le lecteur/perforateur de cartes à 300 cartes/min, le lecteur de cartes 600 c/min et le lecteur/trieur de chèques CMC7.

Programmation :

Les instructions en mémoire étaient des mots de 10 caractères : 2 pour le type d'instruction  et 2 X 4 pour les zones adresses.
Il n'y avait pas de système opératoire. La programmation se faisait essentiellement en "autocode" lequel était traduit en langage machine. L'autocode était assez simple et intuitif.
Il existait un système de gestion de fichiers (PGF) pour assister le programmeur.
Une version COBOL 61 fut disponible mais peu utilisée. ALGOL et FORTRAN furent aussi disponibles.

Applications :

SIR, programme de Recherche Sélective d'Information (genre de Query) fut développé et disponible en 1965, donc sous Bull GE. (réf 10.10.080).
 

Dans cet ensemble datant de 1965, à gauche on distingue un lecteur-trieur de chèques marqués CMC7, l'imprimante Anelex au fond,
à droite l'unité centrale, un lecteur de bandes perforées et une unité de disques magnétiques type "juke-box".

L'imprimante Anelex dont photo à droite est un modèle qui fut le plus répandu en clientèle.
performance ; jusqu'à 1.000 lpm. 120 ou 160 positions en largeur;
 

 

Sur la photo ci-contre :
l'unité centrale, avec sa console système à clavier et visualisation en binaire. Toutes les positions mémoire étaient aisément accessibles par l'opérateur.

Les dérouleurs sont du type 33 Kc.
Imprimante Bull 600 lpm.type Anelex.

General Electric racheta la Compagnie des machines Bull qui devint Bull GE en 1965, mais dès la fin 1964 l'usine se tourna vers le montage des systèmes GE400.

copyright G. Natan retour menu histoire